La Coalition mondiale pour la justice sociale reconnue comme une plateforme clé pour mettre en œuvre la Déclaration de Doha
À l'occasion du Forum de la Coalition mondiale pour la justice sociale, tenu le 5 novembre à Doha dans le cadre du Sommet mondial pour le développement social, les dirigeants mondiaux et les partenaires ont appelé à renforcer l'action collective afin de concrétiser la Déclaration de Doha. Le Forum a permis l'annonce d'initiatives concrètes élaborées dans le cadre de la Coalition, chacune s'inscrivant dans l'un des engagements de la Déclaration politique adoptée lors du Sommet et contribuant à sa mise en œuvre.
À l'ouverture du Forum, le Qatar, pays hôte du Sommet, a annoncé son adhésion à la Coalition, devenant ainsi son 400e partenaire. À cette occasion, Ali bin Saeed bin Samikh Al Marri, ministre du Travail, a déclaré que cette décision reflétait « l'engagement sincère du Qatar à renforcer la coopération internationale en faveur de l'équité dans le monde du travail ». Par sa participation, le Qatar entend contribuer à façonner un nouvel agenda mondial pour la justice sociale, intégrant les dimensions économique, sociale et environnementale, soutenant une transition juste vers une économie verte et étendant la protection sociale aux personnes les plus vulnérables. Cette adhésion témoigne de la détermination du Qatar à faire progresser la coopération internationale en faveur du développement social et à traduire la Déclaration politique en actions concrètes.
En sa qualité de coprésident du Groupe de coordination de la Coalition et de coorganisateur du Forum, le Brésil, représenté par Wellington Dias, ministre du Développement social et de l'Assistance sociale, de la Famille et de la Lutte contre la faim, a rappelé que « nous ne pouvons parvenir à la justice sociale sans lutter contre la pauvreté et la faim ».
Le Brésil accorde une priorité particulière à deux interventions clés :
- la promotion de Systèmes Alimentaires Equitables dans le cadre de son Alliance mondiale contre la pauvreté et la faim;
- la Coalition internationale pour l'égalité salariale (EPIC), que le Brésil préside cette année.
Ces initiatives contribuent à la mise en œuvre du paragraphe 2 de la Déclaration de Doha, qui préconise une approche globale de l'élimination de la pauvreté, ainsi que du paragraphe 11, qui réaffirme la nécessité de promouvoir l'égalité entre les femmes et les hommes et l'autonomisation de toutes les femmes et de toutes les filles.
Coorganisatrice du Forum, la Suisse, représentée par Valérie Berset-Bircher, ambassadrice et secrétaire d'État, a souligné la nécessité d'aligner la transformation économique sur les objectifs de justice sociale en conciliant croissance économique et équité. « Nous devons adopter une approche fondée sur la justice sociale pour déterminer les politiques et les mesures à mettre en place afin de stimuler l'investissement et la croissance », a déclaré Mme Berset-Bircher.
La Suisse a réaffirmé son engagement en faveur de deux interventions clés :
- encourager l'Investissement durable au service de la justice sociale ;
- favoriser des Ecosystèmes de productivité au service du travail décent et de la justice sociale.
Ces deux initiatives contribueront à mobiliser des ressources en appui à la mise en œuvre des paragraphes 3 et 15 de la Déclaration de Doha, qui appellent à promouvoir une croissance économique inclusive et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous, fondements essentiels de l'élimination de la pauvreté et de l'inclusion sociale.
Représentant les employeurs, Roberto Suárez, Secrétaire général de l'Organisation internationale des employeurs (OIE), a réaffirmé le soutien du secteur privé à la Coalition à travers plusieurs initiatives visant à promouvoir une prospérité partagée, des entreprises durables et un emploi inclusif, dans le cadre des interventions clés suivantes :
- promouvoir une conduite responsable des entreprises et le développement des compétences ;
- favoriser le dialogue social ;
- promouvoir une intelligence artificielle au service de l'impact social.
« La justice sociale, c'est l'égalité des chances, et c'est une condition essentielle pour permettre aux entreprises de contribuer à une économie plus durable et plus inclusive », a déclaré M. Suárez. Ces initiatives s'inscrivent dans le droit fil du paragraphe 3 de la Déclaration de Doha, qui appelle à mettre à profit la contribution du secteur privé à la création d'emplois, au travail décent et à l'amélioration des niveaux de vie.
Représentant les travailleurs, Luc Triangle, Secrétaire général de la Confédération syndicale internationale (CSI), a souligné la nécessité de promouvoir des sociétés plus durables et plus inclusives en mettant l'accent sur les interventions suivantes :
- promouvoir une économie fondée sur les droits humains ;
- promouvoir le dialogue social et renforcer la protection sociale ;
- accélérer les progrès vers l'égalité entre les femmes et les hommes, notamment par l'intermédiaire de la Coalition internationale pour l'égalité salariale (EPIC) ;
- promouvoir des salaires vitaux.
Ces initiatives sont en adéquation avec le paragraphe 3 de la Déclaration de Doha, qui réaffirme l'engagement mondial en faveur d'une croissance économique inclusive et durable, du plein emploi productif et d'un travail décent pour tous, notamment grâce à des politiques macroéconomiques favorisant la création d'emplois, le travail décent et des salaires décents. « La Déclaration de Doha n'est pas seulement un texte ; elle marque le début de quelque chose de prometteur pour des milliards de personnes qui placent de grands espoirs dans cette démarche », a souligné M. Triangle.
La Turquie, représentée par le professeur Dr Vedat Işıkhan, ministre du Travail et de la Sécurité sociale, a réaffirmé son engagement en faveur de :
- une transition juste vers des économies et des sociétés écologiquement durables pour tous, en sa qualité de membre du Conseil consultatif de cette intervention clé.
Cette initiative contribue à la mise en œuvre du paragraphe 9 de la Déclaration de Doha, qui appelle à agir face aux effets néfastes des changements climatiques, de la perte de biodiversité et de la dégradation de l'environnement, lesquels compromettent le développement social, en particulier dans les pays en développement.
La Turquie a également réaffirmé ses engagements en faveur de l'extension de la protection sociale, de l'autonomisation des femmes et des jeunes, ainsi que de la promotion de salaires équitables, de la sécurité et de la santé au travail et de services publics destinés aux personnes bénéficiant d'une protection temporaire. « L'avenir de l'humanité dépend non seulement des richesses que nous accumulons, mais surtout de l'humanité que nous partageons », a conclu le professeur Dr Vedat Işıkhan.
La Namibie, représentée par Fillemon Wise Immanuel, ministre de la Justice et des Relations du travail, a réaffirmé son engagement en faveur de l'emploi et de l'extension de la protection sociale dans le cadre de l'Accélérateur mondial pour l'emploi et la protection sociale pour des transitions justes, en tant que pays pionnier.
Cette intervention clé contribue à la réalisation des objectifs énoncés au paragraphe 3 de la Déclaration de Doha relatifs à la promotion du travail décent et d'une croissance économique inclusive, grâce à la mise en œuvre de sa feuille de route nationale selon une approche participative associant les parties prenantes nationales. M. Fillemon Wise Immanuel a salué la Déclaration de Doha, qu'il a qualifiée d'« espoir d'un avenir meilleur ».
Les Pays-Bas, représentés par Mariëlle Paul, ministre des Affaires sociales et de l'Emploi, ont annoncé que le pays :
- jouera un rôle moteur au sein du Comité directeur de l'Initiative sur les salaires vitaux ;
- renforcera son engagement en faveur de la promotion du dialogue social.
Cet engagement est conforme au paragraphe 3 de la Déclaration politique de Doha, qui réaffirme l'importance de promouvoir une croissance économique inclusive et durable, le plein emploi productif et le travail décent pour tous, notamment grâce à des politiques macroéconomiques favorisant la création d'emplois, le travail décent et des salaires décents.
« Ce Sommet social est un catalyseur qui nous permettra d'obtenir des résultats concrets en faveur de la justice sociale ainsi que d'un développement inclusif et durable pour tous », a déclaré Mme Paul.
Les Philippines, représentées par Warren M. Miclat, sous-secrétaire au Département du travail et de l'emploi, ont réaffirmé leur engagement à :
- mettre en œuvre leur feuille de route nationale en tant que pays pionnier de l'Accélérateur mondial pour l'emploi et la protection sociale pour des transitions justes ;
- participer à l'Initiative sur les salaires vitaux ;
- promouvoir une transition juste vers des économies et des sociétés écologiquement durables pour tous.
Il a également souligné que la Coalition mondiale pour la justice sociale constitue « un mécanisme essentiel pour renforcer la collaboration entre les mandants de l'OIT en faveur d'un monde du travail plus équitable, inclusif et durable ». Ces interventions contribuent à la mise en œuvre des paragraphes 3 et 9 de la Déclaration de Doha, qui visent respectivement à promouvoir le travail décent et un niveau de vie plus élevé, ainsi qu'à encourager des mesures pour faire face aux effets néfastes des changements climatiques et de la perte de biodiversité.
Amitabh Behar, Directeur exécutif d'Oxfam International, a annoncé l'engagement résolu de son organisation à contribuer au Centre d'excellence sur les inégalités.
Il a souligné qu'il s'agit d'une initiative particulièrement opportune, pleinement conforme aux priorités d'Oxfam ainsi qu'au paragraphe 3 de la Déclaration de Doha, qui met en évidence l'urgence de lutter contre la pauvreté, le chômage et l'exclusion sociale grâce à des partenariats multipartites, notamment avec les organisations de la société civile. « Après une année de mobilisation, d'abord à Séville puis à Doha, nous avons de bien meilleures raisons d'espérer que les choses évoluent dans la bonne direction. (...) Il est maintenant temps de passer à l'action », a conclu M. Behar.
La Commission européenne, représentée par Roxana Mînzatu, vice-présidente exécutive chargée des droits sociaux et des compétences, a annoncé qu'elle jouerait un rôle moteur dans le lancement de la stratégie de l'Union européenne de lutte contre la pauvreté, en lien avec l'intervention clé Centre d'excellence sur les inégalités, en s'appuyant sur les initiatives déjà en cours.
Cette initiative répond aux paragraphes 2 et 4 de la Déclaration de Doha, qui appellent à une action urgente pour lutter contre la pauvreté, le chômage et l'exclusion sociale, tout en garantissant l'accès universel aux services essentiels, notamment les soins de santé, l'éducation, l'eau potable, l'assainissement, le logement, l'électricité, la connectivité numérique et la protection sociale. « Lorsque nous investissons dans les personnes, dans les compétences et dans les partenariats, nous transformons notre promesse de justice sociale en changements concrets. L'Union européenne continuera à prendre toute sa part », a souligné Mme Mînzatu.
L'Inde, représentée par Mansukh Mandaviya, ministre du Travail et de l'Emploi, a réaffirmé son engagement en faveur de l'intervention clé Promouvoir une conduite responsable des entreprises au service de sociétés inclusives et durables.
Cette intervention est conforme au paragraphe 3 de la Déclaration de Doha, qui appelle à mettre à profit la contribution du secteur privé à la création d'emplois, au travail décent et à l'amélioration des niveaux de vie. « L'Inde prend des mesures décisives pour traduire l'ambition de la Déclaration de Doha en progrès tangibles. Ces actions permettront à notre secteur privé de jouer un rôle déterminant dans le développement durable, en créant des millions d'emplois décents et en favorisant une croissance équitable », a déclaré le ministre Mandaviya.
La Finlande, représentée par Sanni Grahn-Laasonen, ministre de la Sécurité sociale, a confirmé l'engagement du pays en faveur :
- des initiatives de la Coalition internationale pour l'égalité salariale (EPIC) ;
- de l'autonomisation des jeunes ;
- d'une transition juste vers des économies et des sociétés écologiquement durables pour tous ;
- de la promotion d'une intelligence artificielle au service de l'impact social.
Ces engagements s'inscrivent dans le prolongement du paragraphe 11 de la Déclaration de Doha, qui réaffirme l'engagement mondial en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes et de l'autonomisation de toutes les femmes et de toutes les filles. Mme Grahn-Laasonen a réaffirmé l'attachement de la Finlande à placer « la justice sociale et le travail décent au cœur des sociétés démocratiques ».
La Colombie, représentée par Antonio Sanguino Páez, ministre du Travail, a annoncé l'engagement de son pays à :
- devenir pays pilote dans le cadre de l'intervention clé Centre d'excellence sur les inégalités ;
- mettre en œuvre une feuille de route nationale en tant que pays pionnier de l'Accélérateur mondial pour l'emploi et la protection sociale pour des transitions justes.
La Colombie met en œuvre des politiques visant à lutter contre la pauvreté, les inégalités et l'informalité, conformément aux paragraphes 2 et 3 de la Déclaration de Doha. Le ministre Sanguino a souligné que son pays contribue à façonner « un contrat social renouvelé et un nouveau pacte qui émergeront de la mise en œuvre de la Déclaration ».
Enfin, Nada Al-Nashif, Haute-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l'homme, a présenté l'intervention clé Promouvoir une économie fondée sur les droits humains.
Elle a souligné que l'ancrage des politiques économiques et sociales dans les droits humains et les droits au travail est indispensable pour progresser concrètement vers davantage d'égalité, de justice et de durabilité. Cette intervention est en adéquation avec le paragraphe 21 de la Déclaration de Doha, qui appelle à « renforcer la solidarité internationale, à faire respecter les droits humains et à renouveler l'engagement en faveur d'une action multilatérale au service du développement social ».
« La Coalition mondiale pour la justice sociale offre à l'ensemble des parties prenantes une occasion unique d'unir leurs efforts pour bâtir des économies qui assurent une prospérité mieux partagée et qui protègent et promeuvent les droits humains pour tous », a déclaré Mme Al-Nashif.
En clôturant le Forum, Li Junhua, Secrétaire général de la Conférence, Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires économiques et sociales et représentant du Secrétaire général des Nations Unies au sein du Groupe de coordination de la Coalition, a souligné l'importance de la plateforme et du programme thématique de la Coalition pour faire progresser la mise en œuvre de la Déclaration politique de Doha.
« Cette rencontre démontre clairement que la Coalition mondiale pour la justice sociale peut être le moteur permettant de traduire les orientations de la Déclaration politique de Doha en résultats tangibles. (...) Notre travail commence aujourd'hui », a-t-il déclaré.
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